Hypothétique démission d’un Conseiller MRC : la Cour suprême interpellée sur le cas Nomessi Akpa

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Le  boycott des élections législatives  du  20 décembre 2018 par les partis politiques de l’opposition  regroupés à l’époque au sein de la coalition C14 a permis  à  certains partis politiques taxés de béquilles du régime en place de glaner quelques sièges à l’Assemblée nationale. C’est dans ce schéma que se vautre le Mouvement des Républicains centristes (MRC).

En effet,  à l’issue de ces échéances électorales très controversées, la formation dirigée par Abass Kaboua s’en est  sortie avec un siège à Danyi 1, siège que le président « himself » occupe depuis le début de cette sixième législature. Rebelote ! Lors des dernières municipales, le parti est arrivé à grappiller quelques sièges de conseillers municipaux.

Tout semblait se dérouler comme sur des roulettes pour ce parti qui se réclame du centre jusqu’au jour où l’eau est entrée dans le  gaz.

Entre le président Abass Kabou et son suppléant  Koudjo Nomessi Akpa, par ailleurs  chargé des affaires politiques du parti et également conseiller municipal dans la commune Danyi 1, le  courant ne passait plus. Les deux amis d’hier  avaient alors commencé à se regarder en chiens de faïence.

La bisbille s’était  quelquefois même transportée sur les réseaux  sociaux devenus une tribune de règlement de comptes entre les politiciens de bords différents ou de même obédience politique.

Il a fallu quelque temp seulement pour que la  guéguerre entre les deux hommes atteigne son point culminant, et  le député  Abass Kaboua n’a pas hésité à faire emprisonner son suppléant au motif de diffamation sur les réseaux sociaux.

Le président du MRC est allé loin en présentant à la justice togolaise, une lettre de démission au  nom de Koudjo Nomessi Akpa. Un document sur lequel s’est basée la cour suprême pour  donner un quitus au remplacement de ce dernier par le sieur Leleng Awesso, un autre membre du parti, en référence  aux dispositions de  l’article 274 al. 3 du code électoral.

En allant aux informations, grande  a été notre surprise de savoir que le mis en cause n’a jamais signé une quelconque lettre de démission. « J’ai été  convoqué par Abass Kaboua à la gendarmerie Anti-gang de Djidjolé pour diffamation sur les réseaux sociaux. Lorsque j’ai répondu à la convocation, j’ai été aussitôt gardé et déposé quelques jours plus tard à la prison. Après des tractations judiciaires, j’ai été libéré le 17 février 2020. Le 19 février, j’ai eu un courrier du Maire que la Cour suprême m’a remplacé après ma lettre de démission », a confié Koudjo Nomessi Akpa, avant de marteler : « C’est inconcevable. Je n’ai jamais signé et envoyé une quelconque lettre de démission. D’ailleurs, j’étais en prison».

Faux et usage de faux ?

En suivant  le fil des évènements,  l’on se demande, au moment où  Koudjo Nomessi Akpa,  était en prison, par quelle étrange alchimie sa signature s’est retrouvée  le 24  décembre 2019  en bas de ce document  le  donnant démissionnaire de son parti ?

La  question vaut son pesant d’or et c’est le lieu d’attirer l’attention de la cour suprême sur cet aspect  du problème surtout que le concerné balaie  d’un revers de main cette lettre de démission et continue de clamer ubi et orbi qu’il n’en est pas le signataire.

Dans cette configuration, la piste du faux et usage de faux est bonne à explorer par  Abdoulaye Yaya, le nouveau patron de la Cour suprême, pour qui cette affaire  constitue un  test grandeur nature.

C’est un secret de polichinelle, la mission principale de ce magistrat hors-hiérarchie est de redorer le blason de la justice togolaise dans son ensemble. Et cette affaire constitue un tremplin.  Son bon dénouement pourra non seulement dissuader les éventuels prochains candidats au faux et usage de faux, mais aussi jettera les bases d’une nouvelle confiance entre la justice togolaise et le justiciable.

Source : Le Panafricain

Titre modifié

 

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