Togo / Renforcement de l’arsenal militaire  : ne pas oublier la police, la gendarmerie et les secours

0
320

Au Togo, si vous êtes victime d’un accident de la route et que votre survie dépend de l’intervention des pompiers, vous êtes mal barré. De même, en cas de cambriolage ou de braquage à mains armées, vous avez peu de chance de voir la police à votre secours, faute de proximité et de moyens. Il est alors aisé de conclure qu’il urge de réorganiser tout le système sécuritaire de notre pays. A l’annonce du nouveau gouvernement de renforcer l’arsenal militaire, il est important de rappeler qu’une attention particulière doit être accordée aux forces de l’ordre et de sécurité ainsi que les secours.

On ne le dira jamais assez, les services d’urgences et de secours, la police et la gendarmerie manquent véritablement de moyens pour faire face à certaines situations. Par exemple, Lomé, la capitale, ne dispose que d’une seule caserne de sapeurs pompiers, véritablement opérationnelle. Alors que la ville compte 13 communes et plus de deux millions d’habitants. Normalement, chaque commune doit disposer d’une caserne de pompiers.

Les autorités doivent mettre en place un Service d’aide médicale urgente (SAMU) et équiper les forces de sécurité avec des moyens sophistiqués pour les surveillances. Il s’agit notamment de construire les hôtels de police équipés de centres de contrôle, d’où les policiers pourront surveiller, via des caméras placées en ville, tous les gestes suspects. Cela permettrait de savoir qui a fréquenté tel ou tel endroit de telle à telle heure, dans le cadre d’une enquête. Et ce, pour avoir des indices sur les éventuels suspects. Aussi, le contrôle permettra de signaler les tentatives de vols ou de braquages. En effet, avec les surveillances, on peut savoir qu’une personne tente de commettre un délit, et intervenir rapidement. Bien-sûr on ne peut pas surveiller tous les endroits du pays, mais certains points restent stratégiques.

Lutter contre le terrorisme

Pour lutter contre le terrorisme, le gouvernement mise sur le renforcement de l’arsenal militaire. En effet, en conseil des ministres, le 28 octobre dernier, le gouvernement a adopté un avant-projet relatif au renforcement de la stratégie militaire. Il s’agit, entres autres, d’équiper les armées et les rendre aptes à exécuter les missions assignées. Bref, assurer le soutien matériel des armées de manière efficiente et efficace. Cette stratégie vise, selon le gouvernement, à adapter la défense nationale aux risques sécuritaires sous-régionaux en vue d’une protection renforcée de l’intégrité du territoire national. Déjà, les autorités viennent d’acheter les hélicoptères militaires qu’on peut voir sillonner le ciel togolais. Sur ce registre, le gouvernement a raison.

 Mais pour vaincre le terrorisme, la force militaire seule ne suffit pas. Il faut une surveillance accrue, puisque les terroristes n’ont pas de grands moyens militaires. Il leur suffit juste d’un couteau ou d’une bombe artisanale pour frapper, comme on le voit ailleurs. Il faut pouvoir les détecter à temps, en renforçant les surveillances, surtout sur les personnes susceptibles de radicalisation. Ainsi, donner plus de moyens aux policiers et aux gendarmes, c’est aussi lutter contre le terrorisme. Il ne faut donc pas se focaliser sur les armées, en laissant pour compte les forces de sécurité. Il faut une stratégie de renforcement de tous les dispositifs, en créant des unités spéciales anti- terrorisme.

Soutenir nos héros

Certes, il faut renforcer les capacités militaires, et celles de la police et de la gendarmerie. Mais il ne faut pas non plus perdre de vue les conditions de vie de ces défenseurs de la république. Le gouvernement devrait sur ce point revoir les conditions de vie des policiers, gendarmes et militaires, qui sacrifient leur vie pour la nation.  Ils doivent avoir des logements dignes, comme par exemple au Ghana où des cités policiers et militaires sont construites pour loger ces derniers. En côte d’Ivoire, ils ont droit à des bailles. L’État prend en charge les loyers, en fonction des grades de chaque agent de la police, de la gendarmerie ou encore de l’armée. Mieux ils sont traités, mieux ils sont engagés dans leur travail. Cela réduit donc les rackets qu’on observe dans le pays.

Somme toute, le gouvernement doit montrer que la sécurité des togolais est une priorité.  Les braquages d’affilés qu’a connu le pays récemment doivent servir de leçon pour corriger le système de sécurité. Si des bandits ont pu opérer facilement en plein jour en emportant des millions, qu’en serait-il des terroristes ?

Charles AYI

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici