Santé : Plus de 8 millions pour guérir du cancer du sein

0
175

Zeinab Moumouni, est une rescapée du cancer du sein. C’est en 2016, qu’elle a été diagnostiquée victime de la maladie.

Tout est parti d’un mal de coup témoigne-t-elle « Je m’étais réveillée, j’avais senti un mal de cou. Et tâtant le cou, je suis allé au niveau de la poitrine et j’ai senti au niveau de la partie supéro- interne du sein, une masse, ce que les gens appellent communément une boule. N’eut été ce mal de cou, je n’allais pas paniquer. »

Ce sera le début d’une longue et couteuse aventure qui commence pour cette togolaise, qui s’est engagée à guérir de ce mal silencieux. Elle explique le long processus de diagnostic « On m’a demandé tout un tas d’analyses, d’abord l’échographie mammaire, ensuite on m’a demandé de faire une biopsie et c’est après qu’il a été révélé qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. On ne m’a pas dit que c’était un cancer. J’ai été opérée, ils ont enlevé la tumeur plus une marge de sécurité qu’ils ont envoyés en Europe. Les résultats sont venus, et j’avais bel et bien, un carcinome canalaire, infiltrant de haut grade. Ça veut dire que ce n’était pas un petit cancer. »

« J’ai été reprogrammée pour une autre chirurgie, fait un curage au niveau de l’aisselle gauche, ils ont enlevé 9 ganglions au qu’ils ont renvoyés en Europe. Les résultats sont venus, un ganglion était atteint de cancer, mais ne s’est pas éclaté. On m’a demandé de suivre le traitement« 

Toutes ces analyses et opérations ont nécessité un coût, et ce n’est que l’étape du diagnostic. Si la mammographie, les chirurgies ont pu se faire à Lomé, ce n’est pas le cas pour le processus de traitement puisque à ce jour, le Togo ne dispose pas de radiothérapie, et même la chimiothérapie est chère et non disponible.

En dehors de la douleur que ressentent les victimes du cancer du sein, les dépenses financières sont l’autre paire de manche.

« J’ai fait deux chirurgies, une, était autour de 500 milles franc CFA, puis la chimiothérapie, j’ai fait 6 cures, chaque cure coûtait plus de 400 milles, et à chaque 21 jours il fallait acheter le médicament et à l’époque il fallait commander. Avec la radiothérapie j’ai dépensé plus de 3nmillions et demi au Mali. Sans compter les analyses, puisque à chaque fois qu’il faut faire une chimiothérapie, il faut faire un bilan de santé. En réalité, j’ai dépensé au moins 8 millions ».

Après ce combat contre ce mal, Madame Zeinab Moumouni crée l’Association Femmes Sans Cancer. Elle est bien consciente de sa chance d’avoir puis suivre le traitement puisque étant fonctionnaire et ayant une assurance maladie « l’assurance a contribué. « Sans vous mentir, si je n’étais pas fonctionnaire, je ne pense pas que j’aurais pu m’en sortir. » Avant de s’interroger sur le cas de ses sœurs victimes de ce mal mais qui sont du secteur informel.  « J’imagine ces femmes, qui en souffrent et qui n’ont pas d’assurance, je me demande qu’est-ce qu’il en est« .

. Commentaire

La question de moyens est bien légitime. Pour Docteur Oni Michel DJAGNIKPO, Médecin Radiologue, Membre de la Ligue Togolaise Contre le Cancer LTCC, c’est l’exception qui fait la règle, quand on se fie à toutes ces femmes victimes du cancer du sein et qui se retrouvent souvent à demander le soutien des Organisations de la Société Civile.

Depuis 15 ans, AWITY Domefaa Stéphan  Directeur Exécutif de l’association ESPÉRANCE ET VIE NOUVELLE ( EVN) et Président de la Ligue Togolaise Contre le Cancer (LTCC) se battent aux cotés des femmes togolaises victimes du cancer du sein. La plus grande difficulté de ces femmes est le cout élevé du traitement.

Une subvention de l’Etat est donc indispensable pour aider toutes ces femmes malades sans soins. Mieux, il faudra l’accessibilité du traitement en dotant nos hôpitaux des dispositifs nécessaires en la matière. Il s’agit bien de la santé d’une frange importante de la population, et le gouvernement doit sérieusement se pencher sur ce manquement.

Le cancer du sein est le premier qui tue plus de femmes au Togo. A ce jour, il n’y a pas de chiffres précis et officiels puisque le registre du cancer n’est toujours pas disponible. Mais, l’on retient que le mal tue sans grands bruits.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici